Stockage

Peak shaving : comment écrêter les pointes de puissance d’un site industriel

Publié le 22 juillet 2025
9 min de lecture

Sommaire

Sur un site industriel, la facture d’électricité ne dépend pas seulement du volume consommé. Elle dépend aussi de la puissance appelée au moment le plus intense de la journée. Un démarrage de ligne, un cycle de production simultané ou une montée en charge ponctuelle peuvent suffire à fixer un niveau de puissance qui sera ensuite facturé sur toute la période.

Écrêter ces pointes — le peak shaving — consiste à faire absorber une partie de cette demande par un système de stockage plutôt que par le réseau. Le principe est simple ; sa pertinence dépend entièrement du profil du site.

EN BREF
Le peak shaving réduit la puissance soutirée au réseau lors des pics, pas la consommation totale du site.
Son intérêt économique dépend de trois paramètres : l’intensité des pointes, leur durée et leur fréquence. Une étude de la courbe de charge est indispensable avant tout dimensionnement.

Comprendre les pointes de puissance sur un site industriel

Qu'est-ce qu'une pointe de puissance ?

La puissance appelée correspond à la quantité d’énergie que le site soutire du réseau à un instant donné. Contrairement à la consommation, qui s’accumule, la puissance se mesure instantanément — et c’est généralement la valeur maximale atteinte sur la période qui détermine une partie de la facturation.

Cette pointe peut n’exister que quelques minutes par mois. Elle suffit néanmoins à fixer un niveau de référence, qu’il s’agisse de la puissance souscrite auprès du fournisseur ou de la puissance de raccordement négociée avec le gestionnaire de réseau.

D'où viennent ces pics sur le terrain ?

Les causes sont rarement exotiques. Elles relèvent du fonctionnement normal du site :
Sur un site en exploitation, les pointes de puissance sont souvent liées au séquencement des équipements plutôt qu’à une hausse de consommation globale.

Pourquoi les pointes deviennent un sujet maintenant

Deux mouvements se combinent. D’un côté, l’électrification des procédés augmente la puissance appelée sur des sites dont le raccordement n’a pas été dimensionné pour cela. De l’autre, les délais de renforcement réseau se sont allongés, ce qui rend l’augmentation de puissance moins immédiate qu’auparavant.

Dans ce contexte, agir sur la demande devient une alternative à explorer avant d’engager un renforcement. Voir notre page types de raccordement pour comprendre comment le stockage s’insère selon la configuration électrique du site.

Ce que coûte réellement une pointe non maîtrisée

Un coût contractuel

La puissance souscrite est un engagement. La dépasser entraîne généralement des pénalités ; la surdimensionner revient à payer une capacité inutilisée la majeure partie du temps. Dans les deux cas, l’écart entre la puissance réellement utile et la puissance contractualisée représente une dépense évitable.

Un coût de projet

Lorsque la puissance de raccordement devient limitante, elle ne pèse plus seulement sur la facture : elle conditionne la capacité du site à évoluer. Une nouvelle ligne de production, un atelier supplémentaire ou un projet d’électrification peuvent être retardés en attendant un renforcement réseau.
Facture
Puissance souscrite calée sur un pic ponctuel, payée toute l’année.
Pénalités
Dépassements facturés lors des montées en charge non anticipées.
Délais
Projets industriels suspendus dans l’attente d’un renforcement réseau.
Autoconsommation
Production photovoltaïque mal valorisée faute de décalage possible.

Mettre en place un écrêtage par batterie

Le principe de fonctionnement

Un seuil de puissance est défini. Tant que la consommation reste en dessous, le site est alimenté normalement par le réseau. Dès qu’elle le franchit, le système de stockage délivre le complément : le réseau ne voit alors que la part inférieure au seuil.

La batterie se recharge ensuite pendant les périodes de faible sollicitation — ou à partir de la production locale lorsque le site en dispose. Ce pilotage est assuré par le PMS, qui arbitre en temps réel entre les différents usages du système.

Les paramètres qui déterminent le dimensionnement

Un BESS ne se dimensionne pas sur la puissance maximale seule. Le tableau ci-dessous résume ce que chaque paramètre détermine dans l’architecture du système.
Paramètre observé
Ce qu'il détermine
Amplitude des pointes
La puissance que le BESS doit pouvoir délivrer instantanément.
Durée des pointes
La capacité énergétique nécessaire pour tenir tout le pic.
Fréquence des pointes
Le nombre de cycles annuels, donc le vieillissement du système.
Fenêtres de recharge
La possibilité de reconstituer l'énergie entre deux pics.
Production locale
La part de recharge assurée sans soutirage réseau.
Emprise disponible
Le format retenu : solution intégrée compacte ou architecture modulaire.
Sur les architectures autour de 1 MW, une solution fortement préintégrée comme le Smart-Cube permet de limiter le nombre d’interfaces à traiter sur site. Au-delà, une approche modulaire à base de Battery-Cube offre davantage de latitude sur la capacité.
Vos pointes de puissance justifient-elles un BESS ?
Transmettez-nous votre courbe de charge : nous confrontons le coût du système aux gains potentiels sur votre site, avant tout engagement.

IDEX à Feurs : hybrider plutôt que renforcer

Sur le site de Feurs, l’enjeu n’était pas d’augmenter la puissance disponible mais de mieux exploiter celle déjà raccordée. Un BESS de 2 MW / 6 MWh a été ajouté sur le point de raccordement existant d’un actif de production, sans modifier l’architecture réseau en place.

Sept mois se sont écoulés entre la commande et la mise en exploitation. Le périmètre — conception, intégration, installation, mise en service — a été porté par un seul interlocuteur, ce qui a limité les interfaces à arbitrer en cours de projet.

Conclusion : un levier à évaluer site par site

Le peak shaving n’est pas un gain automatique. C’est un levier dont la rentabilité se calcule : un site dont les pointes sont rares et brèves n’aura pas le même retour qu’un site dont la puissance appelée franchit régulièrement son seuil contractuel.

L’étape utile est donc l’analyse de la courbe de charge réelle, mise en regard des conditions contractuelles et des projets à venir sur le site. C’est à ce stade que l’on détermine si un BESS a du sens, et sous quel dimensionnement.

AUTEUR
Thibault Bombard
Ingénieur d'études énergie chez BBR Énergie

Questions fréquentes sur le peak shaving

Le peak shaving réduit-il ma consommation d'électricité ?

Non. Il réduit la puissance soutirée au réseau lors des pics, pas le volume total consommé.

L’énergie délivrée par la batterie pendant la pointe doit d’ailleurs être rechargée ensuite. Le gain porte sur la composante puissance de la facture et sur les dépassements, pas sur les kWh.

À partir de la courbe de charge réelle du site. Le seuil est arbitré entre le gain attendu sur la facture et le dimensionnement — donc le coût — du système nécessaire pour le tenir.
Dans certaines configurations, oui : si le besoin de puissance supplémentaire est ponctuel et limité dans le temps, le stockage peut l’absorber sans toucher au raccordement. Sur un besoin continu, le renforcement reste nécessaire.
Oui, et c’est fréquent. Le PMS arbitre alors entre les deux usages : recharger sur la production locale quand elle est disponible, et garder la réserve nécessaire pour écrêter les pointes attendues.
Elle dépend surtout du nombre de cycles annuels et de la gestion thermique. Un usage d’écrêtage sollicite peu la batterie en énergie, ce qui est favorable à sa durée de vie.
À LIRE AUSSI

Comprendre le stockage d'énergie

Guide : dimensionner un BESS pour un site industriel

Curabitur nec lorem quam. Etiam consequat pellentesque malesuada. Nullam a tempus augue. Vivamus quis congue elit. Maecenas eget euismod turpis.

Dans les coulisses de notre usine de Bonson : visite guidée

Curabitur nec lorem quam. Etiam consequat pellentesque malesuada. Nullam a tempus augue. Vivamus quis congue elit. Maecenas eget euismod turpis.

Free-cooling et gestion thermique : les clés de la performance BESS

Curabitur nec lorem quam. Etiam consequat pellentesque malesuada. Nullam a tempus augue. Vivamus quis congue elit. Maecenas eget euismod turpis.